Raoul DUFY

Dissocier couleurs et dessin

Raoul Dufy, artiste et modèleRaoul Dufy naît le 3 juin 1877 au Havre.
Première exposition au Salon des Artistes français en 1901, puis en 1903 au Salon des Indépendants. Il peint beaucoup aux environs du Havre, et notamment sur la plage de Sainte-Adresse rendue célèbre par Eugène Boudin et Claude Monet.
Influencé par le Fauvisme et en particulier par l’œuvre de Matisse, il travaille avec Friesz et Marquet sur des tableaux de rues pavoisées de drapeaux, de fêtes de village, de plages.
En 1908, prenant conscience de l’importance de Cézanne au cours de la grande rétrospective de 1907, il abandonne le Fauvisme et cette même année, il se rend à l’Estaque, près de Marseille avec Georges Braque. Ils peignent, souvent côte à côte, les mêmes motifs que Cézanne.
En 1911, il épouse une Niçoise, Eugénie-Émilienne Brisson et monte une petite entreprise de décoration de tissus, « La Petite Usine » avec un ami. Il y imprime ses premières tentures et étoffes.
Au cours de son premier séjour à Vence en 1919, les couleurs de ses tableaux deviennent plus vives et son dessin plus baroque.
En 1926, en regardant une petite fille qui court sur le quai de Honfleur, il comprend que l’esprit enregistre plus vite la couleur que le contour. Il va alors dissocier les couleurs et le dessin.
En 1936-1937 il réalise, pour le Pavillon de l'Électricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde : La Fée Électricité (624m²).
Raoul Dufy commence à ressentir, en 1937, les premières atteintes d’une maladie douloureuse et invalidante : la polyarthrite rhumatoïde.
Les aquarelles des Châteaux de la Loire et de Venise (nombreuses vues de la ville et de la lagune) voient le jour en 1938. Il travaille également à de très grands panneaux pour le Palais de Chaillot : La Seine de Paris à la Mer.
Au début des années 40, il peint les cartons pour les grandes tapisseries Collioure et Le bel été. Dufy excelle aussi dans la composition de décors et costumes de théâtre pour la Comédie française. Dans ses tableaux, il abandonne progressivement les larges bandes de couleurs pour une teinte d’ensemble dominante.
Au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, 261 œuvres, ainsi que des céramiques, tapisseries, livres sont rassemblées en 1952. Par ailleurs 41 œuvres sont envoyées par la France à la Biennale de Venise. Il remporte le Prix de Peinture et en offre le montant à un peintre italien et à Charles Lapicque pour qu’ils puissent séjourner l’un en France et l’autre à Venise. Le peintre Alfred Manessier sera le dernier Français à obtenir ce prix. Dufy s’installe à Forcalquier en Provence.
C’est là qu’il meurt le 23 mars 1953. Ses derniers mots ont été pour demander à son secrétaire d’ouvrir les volets de sa chambre pour voir la montagne. Après une inhumation provisoire, la ville de Nice offre un emplacement au cimetière de Cimiez en 1956.

Oeuvres de Raoul Dufy

Avenue du Bois de Boulogne Barques à Martigues Ceres au bord de la mer Le Cirque Régattes à Cowes La Fée électricité Paysage de Vence Maisons pavoisées à Honfleur Nice, le casino de la jetée Fenêtre ouverte, à Nice Collioure La Seine, L'Oise et la Marne La Seine